Armistice 1918 : tout savoir sur un événement clé de notre histoire

Armistice 1918 : tout savoir sur un événement clé de notre histoire ARMISTICE - Définition, signature, wagon, Allemagne, traité de Versailles ou Centenaire... Apprenez-en plus sur les mots clés de l'Armistice 1918 !

[Mis à jour le 14 décembre 2018 à 17h36] Au petit matin du 11 novembre 1918, après plus de quatre ans de conflit, l'armistice 1918 est signé dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, entre l'Allemagne et les Alliés (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis), en faveur de ces derniers. S'il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre du terme, le cessez-le-feu effectif à 11 heures du matin en France et en Belgique laisse espérer une solution à un conflit inédit en matière de pertes humaines (15 à 20 millions d'individus morts, invalides et mutilés, parmi lesquels 8 millions de civils).

C'est dans un wagon-restaurant aménagé à partir du train d'Etat-major du maréchal Foch que se réunissent généraux allemands et alliés. Après l'armistice 1918, des milliers de monuments aux morts sont élevés et l'expression "la Der des Ders" utilisée pour exprimer la volonté que ce conflit soit le dernier. Après huit mois de négociations, le traité de paix ne suivra que près d'un an plus tard, signé à Versailles le 28 juin 1919. C'est lui qui met fin pour de bon à l'état de guerre de la Première guerre mondiale et rebat les cartes territoriales de l'Europe.

Quelle est la définition de l'Armistice ? Quels sont les protagonistes de la signature de l'Armistice 1918 et pourquoi a-t-elle été concrétisée dans un wagon ? Quelles sont alors les conséquences de cette convention pour l'Allemagne ? Mais aussi quelle est la valeur du traité de Versailles et son lien avec l'Armistice, ou encore que recouvre le Centenaire de l'Armistice organisé en 2018 ce dimanche ? Consultez notre page spéciale "Armistice 1918" en naviguant via le sommaire ci-dessus.

Quel a été le rôle exact de Philippe Pétain pendant la Grande Guerre ?

Pendant la Ve République, le maréchal Pétain a fait l'objet de certains hommages. Le 11 novembre 1968, le général de Gaulle fait par exemple fleurir sa tombe ainsi que celle de tous les maréchaux par la main des préfets, en l'honneur du cinquantenaire de la fin de la Grande Guerre. Georges Pompidou a également honoré Philippe Pétain en 1973 ; Valéry Giscard d'Estaing en 1978 ; ou encore François Mitterand, de 1986 à 1992. En 1995, Jacques Chirac avait fait la même distinction qu'Emmanuel Macron sur le maréchal Pétain à Verdun et ses choix politiques de 1940-1944.

Si en 2018 il n'a pas été honoré pour le centenaire de l'Armistice 1918, son rôle pendant la Première Guerre mondiale reste flou pour bon nombre de Français. Selon Bénédicte Vergez-Chaignon, historienne auteure de "Pétain" (ed. Perrin), interrogée par franceinfo et dont l'ouvrage a reçu le Grand prix de la biographie politique en 2014, "en 1914, Philippe Pétain permet d'assurer la retraite du général Lanrezac de la Belgique à la Marne. L'année suivante, il est le seul à réaliser une percée du front allemand en Artois".

Mais la spécialiste retient surtout trois événements marquants des faits d'armes de Pétain pendant la Grande Guerre :

  •   En février 1916, l'arrivée de Philippe Pétain à Verdun, qui lui permet de jouer un rôle défenseur aidant l'armée française à se maintenir pendant l'offensive allemande. Une bataille qui n'est pas une victoire à proprement parler mais alimentera la popularité du maréchal et à laquelle il restera identifié.
  • En 1917, suite à la bataille sanglante du Chemin des Dames et aux mutineries, Philippe Pétain est appelé à chapeauter les armées et réussit à arranger la situation, au prix de mesures controversées comme les exécutions pour l'exemple de certains soldats.
  • En 1918, le maréchal Pétain participe de près aux opérations militaires finales, même si son supérieur Foch l'éclipse en partie lors de cet épisode.

Définition de l'armistice

Pour commencer, "armistice" est un mot masculin : on dit bien "un" armistice. Ce mot est issu du latin arma (arme) et statio (état d'immobilité) selon le Larousse. Il s'agit d'une convention via laquelle des belligérants d'une guerre suspendent les hostilités. La définition de l'armistice sous-entend une nuance importante : ce contrat est conclu par les chefs militaires suprêmes et non par des représentants de la société civile ; il ne met pas fin à l'état de guerre en lui-même, seulement aux hostilités, d'où le terme qui remplace de plus en plus "armistice" de nos jours, celui de "cessez-le-feu", pour désigner ce même type d'accord.

Et si vous deviez l'expliquer en une phrase ? "Convention établie entre les belligérants afin de suspendre les hostilités, sans pour autant mettre fin à la guerre", propose le dictionnaire de thaipomeranian.com.

Signature de l'armistice 1918

Signé le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans un wagon réquisitionné par l’armée française, transformé en bureau de commandement du chef des armées alliées Ferdinand Foch et stationné dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne, l’armistice prend effet sur le front à 11 heures du matin… pour une durée de 36 jours renouvelée trois fois. Il est signé de la main des plénipotentiaires allemands. Ces derniers sont des agents diplomatiques de l’Allemagne auquel leur pays a confié les pleins pouvoirs. A ce moment de la guerre, l’empereur Guillaume II vient d'abdiquer et de s'exiler aux Pays-Bas. Le chancelier, Max de Bade, a démissionné et a transmis ses pouvoirs au socialiste Friedrich Ebert. À partir de là, il n’y a plus d’échappatoire pour l’Allemagne, dont le ministre d’Etat est expressément chargé de signer au plus vite l’armistice. L’armistice de 1918 n’est, cela dit, pas une capitulation en tant que telle. Il a en effet été signé dans l’attente d’un traité de paix définitif. 

  • Pour la partie alliée, les signataires sont : le maréchal Foch, commandant suprême des forces alliées ; l’Amiral Wemyss, représentant britannique ; le Général Weygand, chef d’Etat-major du Maréchal Foch. 
  • Et du côté allemand : le représentant plénipotentiaire est civil. Il s’agit de Mathias Erzberger, représentant du gouvernement allemand.
Les signataires de l'Armistice de 1918. © ABECASIS/SIPA

De nombreuses péripéties ont précédé le fameux armistice du 11 novembre 1918. Lors de l'été 1918, le traité de Brest-Litovsk a permis à l'Allemagne, en provoquant la reddition de la Russie, de concentrer son armée sur le front de l'Ouest. Mais les offensives allemandes de juin et juillet 1918 ont été un échec et le renfort des alliés (Américains et Britanniques) lui sera fatal. Dès le mois d'août 1918 débute une offensive franco-britannique qui ne s'arrêtera plus. Dans ses mémoires, Erich Ludendorff, alors général en chef des armées allemandes, parle de la date du 8 août comme d'un "jour de deuil de l'armée allemande" : il sait à ce moment-là que la guerre est perdue pour de bon. Le recul des forces allemandes commence alors, avec de lourdes pertes sur tout le front franco-belge. Dès septembre, l'Etat-Major allemand fait savoir à l'empereur Guillaume II qu'il n'y a plus d'espoir de gagner la guerre. Mais ce dernier, ainsi que les chefs militaires, ne sont pas prêts à assumer la défaite : il faudra encore deux mois pour que l'armistice soit "négociée" et signée.

Dès le début de l'automne, les armistices des fronts orientaux (le 29 septembre 1918 pour la Bulgarie ; le 30 octobre 1918 pour l'empire ottoman et le 3 novembre pour l'Autriche-Hongrie), bien que moins connus que celui du 11 novembre à Rethondes, auront de lourdes conséquences. Ils contribuent à la défaite de l'Allemagne et provoquent la chute de trois empires. Sans parler de la zizanie qu'ils créent entre nations vaincues, victorieuses (comme les Tchèques, Serbes, Roumains, Polonais) et celles qui, s'étant ralliées trop tard aux vainqueurs, ne bénéficient pas de l'indépendance (Ukrainiens, Slovaques…). Les armistices orientaux créent de toute façon une "brèche" que l'Allemagne ne sera pas en mesure de colmater. En octobre, Ludendorff démissionne et des mutineries éclatent outre-Rhin. En parallèle, le président américain Wilson est chargé de prendre en main le retour de la paix, dans la même veine que les 14 points qu'il avait proposés en janvier dans un discours choc. Des notes sont échangées avec les Allemands sur les modalités.

Le 5 novembre, une demande officielle d'armistice de l'état-major allemand parvient à la France sous forme de message morse. La date historique est finalement fixée six jours plus tard. La fin de la guerre sera actée dans un wagon stationné non loin du front et du quartier général allié.

Wagon de l'Armistice 1918

​Photographie prise à la sortie du "wagon de l'Armistice" où a eu lieu la signature.  Le maréchal Foch est 2e en partant de la droite. © Photo d'archive anonyme

Le 11 novembre 1918, le texte est signé dans le "Wagon de l’Armistice", ou plus exactement la "voiture 2419D" de la Compagnie des wagons lits. Cette voiture de chemin de fer, réquisitionnée par l’armée en septembre 1918 et transformée en bureau, stationnait dans un lieu isolé mais néanmoins pas trop loin de la gare de Rethondes : une clairière de la forêt de Compiègne (Oise). Les journalistes en sont alors soigneusement tenus à l’écart. Le maréchal Foch, généralissime des armées alliées et le général Weygand y reçoivent une délégation allemande envoyée par la toute récente république de Weimar. En face, un autre train sert à accueillir les "hôtes" germaniques. Autrement dit les parlementaires allemands qui viennent implorer l’armistice. D’après le Général Weygand, chef d’Etat Major du maréchal Foch qui avait choisi le lieu : "Maintes fois pendant la guerre, il avait établi dans son train son poste de commandement. C’est à son poste de commandement que les parlementaires viendraient donc se présenter à lui. La solitude du lieu assurera le calme, le silence, l’isolement, le respect de l’adversaire…". 

L’Armistice de 1918 sera donc signé à l’intérieur du wagon-restaurant du train français, fameux wagon de commandement du Maréchal Foch. Le véhicule sera par la suite transformé en musée. Détruit au cours des bombardements de 1944-1945 (Adolf Hitler l’avait fait transporter à Berlin entre temps et y avait même fait signer la capitulation de la France !), une réplique en a été créée, aujourd’hui installée au musée de l’Armistice de Compiègne : il s’agit de la voiture 2439D, qui faisait partie de la même série que l’originale, réaménagée à l’identique et garnie du mobilier d’origine. Quant à la clairière de l’Armistice, elle a été aménagée en tant que lieu symbole de la paix, accessible au public… et ce dès 1922. L'architecte Mages y conçoit un vaste rond-point de 100 mètres de diamètre auquel mène une allée de 250 m de long. On y érige également une statue du Maréchal Foch, le "monument aux Alsaciens-Lorrains"  (d’Edgar Brandt) – qui commémore la récupération par la France de l’Alsace et de la Lorraine en 1919 –, des dalles de granit symbolisant le wagon des Français et celui des Allemands lui faisant face et un Musée de l’Armistice construit en 1922. Totalement détruit par les allemands pendant la Seconde guerre mondiale, ledit musée sera reconstitué en 1950.

Armistice 1918 et Allemagne

Les conditions de l'armistice 1918 imposées à l’Allemagne sont sans concession :

  • la remise d’une grande partie de son armement ainsi que de son matériel de transport,
  • l’évacuation de tous les territoires occupés (Alsace-Lorraine comprise) et de la rive gauche du Rhin,
  • la démilitarisation, sur la rive droite du Rhin, d’une zone de 10 kilomètres qui va de la frontière hollandaise à la frontière suisse. Ce qui permet aux Alliés de conserver trois "têtes de pont", Mayence, Coblence et Cologne (les principaux points de passage du Rhin) pour empêcher une reprise de la lutte par l’Allemagne.

Armistice et traité de Versailles

L'armistice de 1918 mettant fin aux hostilités, il fallait encore mettre fin à la guerre. La signature du Traité de Versailles a lieu le 28 juin 1919… à Versailles. Il condamne lourdement l’Allemagne. "Diktat" sera le terme employé pour désigner ce Traité imposé aux Allemands sans négociations par les vainqueurs de la Première guerre mondiale. Ce traité mettant fin à la Première Guerre mondiale est signé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, entre l'Allemagne et les Alliés. Il a été préparé par les vainqueurs, le Français Clémenceau, le Britannique Lloyd George, l'Italien Orlando et l'Américain Wilson. Il impose notamment à l'Allemagne la restitution de l'Alsace-Lorraine, la création du "couloir de Dantzig" donnant à la Pologne un accès à la mer, la limitation du potentiel militaire et le versement de 20 milliards de marks-or. En Allemagne, ce "diktat" sera  donc vécu comme une humiliation et fera naître un sentiment de revanche.

Centenaire de l'armistice 1918

Le centenaire de l'armistice 1918, célébré le 11 novembre 1918 dans toute la France, a donné lieu à de nombreuses manifestations. A Paris, la commémoration, imposante, a notamment consisté en un hommage à plusieurs Maréchaux de la Grande Guerre, par l'état-major des armées et en présence d'Emmanuel Macron. A noter également, le déplacement à Paris d'une soixantaine de chef d'Etat dont Donald Trump, Angela Merkel et Vladimir Poutine, pour cette célébration XXL du centenaire de l'armistice 1918.

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Armistice 1918 : tout savoir sur un événement clé de notre histoire
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