"Macron démission" : un slogan, une revendication et une pétition

"Macron démission" : un slogan, une revendication et une pétition Les annonces du Premier ministre n'ont pas calmé la colère des gilets jaunes. Le chef de l'Etat s'est fait huer lors d'une visite à la préfecture du Puy-en-Velay, aux cris de "Macron démission".

[Mis à jour le 5 décembre 2018 à 17h40] En se rendant à la préfecture lors d'une visite surprise à la préfecture du Puy-en-Velay, le président souhaitait faire part "personnellement et directement" de "son respect et de son soutien aux agents". Mais le chef de l'Etat a dû faire face à des huées provenant d'une vingtaine de manifestants rassemblés dans la commune et avertis de sa présence. Lors de cette séquence, de nombreux appels à sa démission ont été scandés. Il s'est également fait huer et insulter lors de sa visite au groupement de gendarmeries en milieu d'après-midi, rapporte la presse régionale.   

Alors qu'il a choisi de rester en retrait sur la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a choisi de se rendre à la préfecture de Haute-Loire. Le bâtiment a été incendié samedi 1er décembre lors d'affrontements venus ternir une manifestation initialement calme. Les manifestants ont tout d'abord jeté des pavés et des pneus avant, en début de soirée, de lancer des projectiles incendiaires en direction du bâtiment. Le préfet de Haute-Loire a dénoncé par la suite le blocage des secours et le "but, peut-être, de tuer" des manifestants. L'incendie a fait au moins 70 blessés et les dégâts sont estimés à plusieurs centaines de milliers d'euros. Deux gilets jaunes ont été condamnés en comparution immédiate à trois mois de prison ferme. 

Le silence d'Emmanuel Macron face aux gilets jaunes

C'est un fait qui devrait interpeller le chef de l'Etat : de plus en plus de gilets jaunes en appellent à sa démission dans les manifestations. 6 lycéens ont notamment été placés en garde à vue dans la nuit du 3 au 4 décembre pour avoir tagué "Macron démission" sur les murs du lycée Romain Rolland, à Ivry sur Seine. Face à la crise des gilets jaunes, les politiques prônent une réponse ferme. La présidente du rassemblement national, Marine Le Pen et le président de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon ont ainsi estimé que l'une des réponses à la crise des gilets jaunes était la dissolution de l'Assemblée nationale. La présidente du Rassemblement national est restée prudente en expliquant "qu'elle ne la demandait pas" mais qu'elle ne "voyait que ça" comme solution, en se référant à l'article 12 de la Constitution.

Invité de BFM Politique dimanche midi, le chef de file des Insoumis a également appelé à une dissolution de l'Assemblée nationale. "Il n'y a qu'une manière de trancher entre la légitimité de l'exécutif et celle des gilets jaunes, c'est le vote, alors ça s'appelle la dissolution", a-t-il déclaré. Une déclaration à la suite de laquelle Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement a réagi par un tacle : "Il faut que Jean-Luc Mélenchon accepte psychologiquement d'avoir été le 4ème homme de l'élection présidentielle", a-t-il dit.

François Ruffin, député La France insoumise, de son côté, avait  demandé directement la démission d'Emmanuel Macron. L'ancien journaliste a même été plus loin, estimant la France "à feu et à sang" et que Macron allait "terminer comme Kennedy", à savoir assassiné. "Que disent les Français que j'ai rencontré ? Que Monsieur Emmanuel Macron doit maintenant partir. Qu'il doit partir, en auto, en moto, à cheval, en trottinette, en hélicoptère mais qu'il doit partir avant de rendre notre pays fou de rage", a conclu François Ruffin.

Le président de la République n'a quant à lui toujours pas prévu de s'exprimer à ce stade a fait savoir l'Elysée mardi 4 décembre bien que l'opposition l'en exhortait. Le chef de l'Etat est resté silencieux depuis sa condamnation des violences lors d'une conférence de presse à Buenos Aires, laissant son Premier ministre consulter les différents chefs de partis politiques et s'exprimer mardi matin.

Un appel à la "responsabilité de l'opposition"

Les gilets jaunes se préparent à un quatrième samedi de mobilisation le 8 décembre prochain, journée à laquelle tente de se préparer l'exécutif. Alors que le président semble ne pas vouloir s'exprimer face aux Français à ce stade, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a rapporté à la fin du conseil des ministres que le chef de l'Etat avait "demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain". Toujours en citant les propos du chef de l'Etat , le porte-parole du gouvernement a indiqué que "le moment que nous vivons [n'était] plus à l'opposition politique mais à la République".

De son côté, Edouard Philippe a également appelé "à la responsabilité" de chacun lors d'un discours à l'Assemblée nationale ce mercredi 5 décembre. "Tous les acteurs du débat public responsables politiques, syndicaux, éditorialistes, citoyens seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent", a-t-il déclaré avant d'être interrompu par de longues huées de l'opposition.  

Une pétition "Macron démission" mise en ligne

Il faut savoir également qu'une pétition avait été mise en ligne pour exiger la démission du président de la République, signée par plus de 440 000 personnes. "Mon problème, qui est celui de plusieurs millions de personnes, je pense, c'est que notre Président a été élu avec 16 % des électeurs. (...) Est-il normal dans une démocratie, qu'un président valide ou précède des lois et réformes concernant 100 % du peuple, alors que seulement 16 % ont voté pour lui ?", déplore l'instigatrice de cette pétition. "Si nous réunissons plus de 50 % des électeurs, sachant que 84 % de l'ensemble des électeurs n'a pas voté pour Emmanuel Macron, nous obtiendrons justice", espère-t-elle, en oubliant cependant que Emmanuel Macron a remporté le premier tour de l'élection présidentielle avec 24% des suffrages et le second avec plus de 66%, face à Marine Le Pen.

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