Crise des gilets jaunes : les gilets bleus vont-ils prendre la relève ?

Crise des gilets jaunes : les gilets bleus vont-ils prendre la relève ? GILETS JAUNES - Alors que la colère des gilets jaunes s'estompe, celle des forces de l'ordre grandit. Un appel à un mercredi noir dans les commissariats a été lancé...

L'essentiel

  • Les forces de l'ordre en ont marre et le font savoir. Dénonçant un manque de considération après un mois très intense lié aux mobilisations des gilets jaunes, les principaux syndicats policiers ont exprimé leur ras-le-bol. Alliance police appelle à une journée "noire" dans les commissariats ce mercredi et appelle à leurs fermetures. Le syndicat conteste le budget 2019 des forces de sécurité qui doit être adopté prochainement par l'Assemblée nationale et dénonce une "baisse de 62 millions d'euros sur l'investissement dans la police nationale".
  • Syndicats de police (UNSA, Unité SGP Police FO, Alliance) ont discuté des mesures pouvant améliorer les conditions de travail et le pouvoir d'achat des forces de l'ordre, mardi 18 décembre au ministère de l'Intérieur. Les négociations ont été suspendues, et une nouvelle réunion aura lieu mercredi après-midi, toujours place Beauveau.  "Le Premier ministre et le président n'ont pas encore compris ce qu'on leur demandait", a d'ailleurs déploré Philippe Capon, représentant d'Unsa Police. 
  • Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, a évoqué le chantier des heures supplémentaires des forces de l'ordre lors de la réunion avec les syndicats. "L'État doit actuellement presque 275 millions d'euros à ses policiers au titre des heures supplémentaires. C'est un chantier que je veux ouvrir", a-t-il déclaré mardi soir. 
  •  Le gouvernement a fait savoir qu'une prime de 300 euros allait être allouée aux 111 000 policiers et gendarmes mobilisés lors des manifestations des gilets jaunes.
  • La question d'une nouvelle manifestation des gilets jaunes est par ailleurs posée pour ce samedi 22 décembre 2018 à Paris, mais aussi en province. Après une mobilisation en nette baisse le week-end dernier, des dizaines d'irréductibles poursuivent les blocages des ronds-points en plusieurs endroits. Sur Internet, plusieurs appels sont lancés pour continuer les actions. Mais on peine à deviner les contours de l'"acte 6" de ces gilets jaunes toujours aussi disparates. Suivez les dernières informations en direct...

En direct

23:50 - FIN DU DIRECT- De quand date la dernière manifestation policière ?

La dernière fois que les forces de l'ordre ont exprimé leur "ras-le-bol", c'était en 2016. Environ 500 policiers venus d'Ile-de-France s'étaient retrouvés de nuit, en octobre, près de l'Arc de triomphe, et avaient perturbé la circulation avant de se disperser. Une manifestation qui survenait quelques jours après l'agression de quatre policiers à Viry-Châtillon (Essonne). Deux d'entre eux avaient été gravement blessés après avoir reçu un cocktail Molotov. Des manifestations asyndicales s'étaient ensuite déroulées un peu partout en France. 

23:07 - Les policiers techniques et scientifiques se joignent à la grogne des forces de l'ordre

Le SNIPAT-PTS, l'un des syndicats majoritaires de la police technique et scientifique a lancé un appel pour de nouvelles discussions, afin d'obtenir le même statut que leurs collègues policiers, ainsi qu'une hausse des effectifs. Classés comme "sédentaires", ils souhaitent désormais être reconnus comme "actifs". "L'administration classe les infirmiers, par exemple, dans la catégorie 'actif' car ils sont soumis à des horaires de nuit, des horaires tournants, qu'ils manipulent des produits à risque et qu'ils peuvent être confrontés à une population à risque, tout comme les policiers scientifiques", a confié Xavier Depecker à BFM TV, secrétaire national au SNIPAT-PTS. "La dureté de notre métier doit être reconnue, nous assistons à beaucoup de choses traumatisantes", ajoute-t-il. 

22:59 - Un "acte 1 de la colère des policiers" prévu en janvier

Un mouvement initié par le syndicat Unité SGP Police FO appelle depuis samedi au lancement de "l'acte 1 de la colère des policiers". Ce mardi, ils ont envoyé une lettre à Emmanuel Macron, demandant "sa reconnaissance au-delà des mots et gestes formulés à notre endroit, mais demeurés insuffisants pour nos pairs". Dans un communiqué publié lundi, le syndicat appelle à une réunion intersyndicale jeudi. "Si nous n'avons pas de réponses ce soir, nous envisageons des actions dès demain. Et il y aura une grande manifestation nationale unitaire au plus tard le 26 janvier", est-il précisé. 

22:33 - Christophe Castaner et le chantier des heures supplémentaires des forces de l'ordre

Parmi les réponses à la fronde syndicale, Christophe Castaner a également affirmé vouloir s'attaquer au serpent de mer du paiement des millions d'euros d'heures supplémentaires dus aux policiers. "L'État doit actuellement presque 275 millions d'euros à ses policiers au titre des heures supplémentaires, non pas de ces derniers mois ou de cette dernière année, mais depuis des dizaines d'années. C'est un chantier que je veux ouvrir", a-t-il déclaré. Mais pour Beauvau, le chemin budgétaire est étroit, car le gouvernement a accordé de lourdes concessions pour répondre aux revendications des gilets jaunes au risque de faire déraper les finances publiques. Le ministre s'est donc gardé de fixer un calendrier. "Je ne peux pas dire d'un claquement de doigts que je vais trouver 275 millions d'euros (...). Ça nous prendra un peu de temps, on ne trouve pas comme ça en quelques semaines un tel montant", a-t-il fait valoir.

22:04 - Un rassemblement de "gyros bleus" ce jeudi

Un mouvement de policiers nommé "Les gyros bleus", appelle sur Facebook à un rassemblement le jeudi 20 décembre prochain, à 21h30 sur la place Clémenceau à Paris (8e arrondissement), où se trouve un commissariat de police. Ils dénoncent un "dernier mois plus qu'éprouvant et un oubli abyssal de nos gouvernants". L'initiative se dit également "asyndicale, apolitique, spontanée et indépendante". 

21:38 - Un nouveau rendez-vous fixé entre syndicats de police et le gouvernement

"Nous avons souhaité suspendre les négociations ce soir. Nous avons fait des propositions, et des contre-propositions au ministre de l'Intérieur, permettant, dans un premier temps, d'améliorer de façon significative le pouvoir d'achat des gradés et gardiens de la paix. Nous avons évoqué le sujet des heures supplémentaires. Les propositions qui ont été faites imposent des arbitrages au plus haut niveau de l'Etat, Christophe Castaner s'y est engagé. Nous avons obtenu un nouveau rendez-vous pour demain après-midi", a déclaré Yves Lefebvre, secrétaire Général du syndicat Unité SGP Police Fo, à BFM TV. 

21:30 - Les syndicats de police s'expriment après leur réunion au ministère de l'Intérieur

Aucune mesure concrète n'a été annoncée à l'issue de la réunion entre le ministre de l'Intérieur et les représentants de syndicats de police. "Il n'y a rien de concret pour l'instant (...) Il y a un ministre qui est à l'écoute (...) On en saura plus demain soir", a déclaré Yves Lefebvre, de l'Unité-SGP Police Fo. "Le Premier ministre et le président n'ont pas encore compris ce qu'on leur demandait", a estimé Philippe Capon, représentant d'Unsa Police. 

20:40 - "On n’est pas pris en considération", des policiers dénoncent leurs conditions de travail 

Mardi 18 décembre, le 20H de France 2 consacrait un sujet sur les conditions de travail difficiles des forces de l'ordre. Deux policiers ont accepté de témoigner. "J'ai fait sur 10 jours, entre 10 heures et 14 heures, voire 16 heures par jour, sans un seul jour de repos, sans pouvoir manger, sans pouvoir boire", raconte ce membre de la BAC, appelé en renfort en région parisienne afin d'encadrer le mouvement des gilets jaunes. "Cette situation m'inspire beaucoup de dégoût. Je me dis qu'au final, on n’est pas pris en considération", explique l'autre policier. 

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En savoir plus

Discours d'Emmanuel Macron (vidéo)

Emmanuel Macron s'est exprimé lundi 10 décembre, à 20 heures, depuis l'Elysée. Le président de la République, durant 13 minutes et devant 23 millions de téléspectateurs, a annoncé plusieurs mesures afin de calmer la colère des gilets jaunes : augmentation de 100 euros par mois pour les salariés au Smic (voir le détail sur la hausse annoncée du Smic), défiscalisation des heures supplémentaires, prime de fin d'année ou encore annulation de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2 000 euros par mois. Emmanuel Macron a également annoncé des réformes plus globales qu'il tenait à mettre en oeuvre, comme la représentation démocratique, avec "une loi électorale plus juste" et "la prise en compte du vote blanc", la fiscalité, sans doute avec une nouvelle réforme à venir, la décentralisation des services publics dans les territoires, et enfin la lutte contre le réchauffement climatique au quotidien.

Emmanuel Macron a aussi esquissé un mea culpa, appelant à la responsabilité collective. "Ce sont 40 années de malaise qui resurgissent", a indiqué le chef de l'Etat, ajoutant : "Sans doute n'avons-nous pas su, depuis un an et demi, y apporter une réponse rapide et forte. Je prends ma part de responsabilité". Emmanuel Macron a aussi avoué une faute de style : "Je sais qu'il m'est arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos". Voici la vidéo du discours d'Emmanuel Macron ce lundi 10 décembre 2018 :

Une hausse du Smic comme réponse aux gilets jaunes

Ce qui semblait être une grande concession est à prendre avec des pincettes. La hausse de 100 euros par mois pour les salariés au Smic annoncée lundi par Emmanuel Macron dès 2019 ne concernera que partiellement les salaires et reposera surtout sur une accélération de la hausse de la prime d'activité. "Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a affirmé, sans plus de précisions, le chef de l'Etat lors de son discours. Une déclaration qui semblait à première vue contredire les affirmations de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait exclu la veille un "coup de pouce" au Smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier, expliquant que cela "détruirait des emplois". En réalité, l'augmentation annoncée par Emmanuel Macron "inclut la revalorisation du Smic qui est déjà prévue, le reste ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'Etat qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises, notamment les petites, qui risqueraient de supprimer de l'emploi", a précisé Muriel Pénicaud, interrogée sur France 2. La hausse des 100 euros se décompose ainsi : 20 euros de la revalorisation automatique, 20 euros dus à la baisse de charges salariales, 60 euros venant de la hausse de la prime d'activité - qui n'est pas touchée par tous les salariés au Smic.

Gilets jaunes : Macron poussé à la démission ?

La contestation des gilets jaunes a pris depuis la mi-novembre une tournure inattendue, à laquelle s'est greffée la violence de casseurs à Paris et dans plusieurs grandes villes de France plusieurs week-ends d'affilée. La nature du mouvement - disparate, non hiérarchisé, sans leardership affirmé - a rendu difficile jusque-là l'ouverture de négociations. Plusieurs personnalités politiques de l'opposition parlent sans ambages de crise institutionnelle et réclament une décision politique exceptionnelle plus forte que celle prise par le président : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon souhaitent une dissolution de l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez demande un référendum. Depuis des semaines, on entend surtout dans les rangs des gilets jaunes des appels à la démission d'Emmanuel Macron, une pétition a été mise en ligne, recueillant des centaines de milliers de signatures. "Macron démission" est scandé à chaque manifestation des gilets jaunes. Mais une démission d’Emmanuel Macron semble très peu probable. Emmanuel Macron est garant des institutions, du cadre fixé par la Ve République, sa légitimité est incontestable, issue du suffrage universel direct. Si la crise s'aggrave, il disposera de plusieurs options institutionnelles : la dissolution de l'Assemblée nationale ou la constitution d'un nouveau gouvernement.

Quelles sont les revendications des gilets jaunes ?

Emmanuel Macron a-t-il répondu aux plus importantes revendications des gilets jaunes ? Les manifestants n'ont pas structuré leur mouvement, ce qui rend difficile l'expression de revendications formulées au nom de tous ses membres. Néanmoins, tous expriment sur la nécessité d'obtenir une baisse des taxes sur les carburants et plus généralement une baisse du niveau des impôts ou une réforme pour rendre plus juste la pression fiscale. Le président a fait des annonces fortes, mais n'a semble-t-il pas satisfaits les gilets jaunes les plus mobilisés. Une délégation, contestée, s'est formée à la fin du mois de novembre et une liste de revendication a été transmise aux députés et aux médias. On y trouve des requêtes qui n'ont pas été satisfaites : "zéro SDF", "un impôt sur le revenu davantage progressif", "un Smic à 1300 euros net", "un grand plan isolation", "la fin des taxes sur le carburant", "pas de retraite en dessous de 1200 euros"... Voir les détails des revendications des gilets jaunes.

Acte V des gilets jaunes

Sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, les appels à poursuivre la mobilisation des gilets jaunes, dans les semaines précédant le week-end du 15 et 16 décembre, se sont multipliés, malgré les annonces faites par Emmanuel Macron et malgré les appels du gouvernement à ne pas aller manifester, compte tenu de l'alerte attentat déclenchée depuis l'attaque de Strasbourg. Un collectif de gilets jaunes a même prévenu : le mouvement est plus "impliqué que jamais" et les annonces de Macron ont été jugées "insuffisantes". La page Facebook "Acte 5 : Macron démission" intéressait des dizaines de milliers de personnes, qui se sont inscrits à l'événement. Partout en France, à Paris donc, mais aussi sur des ronds-points, des gilets jaunes comptent poursuivre leur mouvement de protestation.

Manifestation des gilets jaunes : un mouvement qui dure

Le gouvernement doit composer avec un mouvement protéiforme qui dure et une colère qui ne s'apaise que partiellement. Depuis le 17 novembre, des blocages ont lieu chaque jour en France et chaque samedi se transforme en grande journée de mobilisation. S'il existe bien un "collectif" de modérés (les "gilets jaunes libres"), il n'y a aucun leadership assumé, aucune instance légitimée par l'ensemble des gilets jaunes, ce qui rend pour le gouvernement les négociations toujours aussi complexes, malgré les annonces d'Emmanuel Macron. La manifestation pourrait durer encore si l'on se réfère aux derniers messages d'une partie des gilets jaunes mis en ligne sur les réseaux et qui font part d'une vive motivation.

Des lycées bloqués : quels liens avec les gilets jaunes ?

Depuis le 3 décembre, des dizaines de lycées en France font face à des blocages par une partie de leurs élèves. Une partie des lycéens se mobilisent à l'appel du syndicat UNL, pour protester contre la réforme du baccalauréat et contre Parcoursup. Mais quelques élèves font aussi savoir qu'ils soutiennent le mouvement des gilets jaunes et de nombreux réclament également la démission d'Emmanuel Macron. Des débordements, des violences et des départs de feu, ont eu lieu en plusieurs endroits, avec parfois des incidents graves à Aubervilliers, Grenoble, dans le Loiret, à Gonesse ou encore à Mantes-la-Jolie, où des images d’élèves obligés de s’agenouiller par les CRS ont fait polémique. Le mouvement est particulièrement suivi par les lycéens à Bordeaux, Toulouse, Marseille, Lyon et Montpellier. Suivre les dernières informations sur les blocages des lycées

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